Festival d’Aix les Bains 2010 : Entre tradition et modernité

Publié le par Jef

Casino d'Aix les Bains
Casino d'Aix les Bains


En France, deux festivals proposent des saisons exclusivement réservées à l’opérette : Lamalou-les-Bains, le festival le plus ancien dans le sud-ouest et Aix-les-Bains au cœur des Alpes.

Aix-les-Bains est une charmante cité de la Savoie. Deuxième ville thermale de France, elle a été le lieu de rendez-vous de tout le Gotha européen. Ainsi, elle dispose de toutes les structures de loisirs pour pouvoir accueillir de nombreux curistes et estivants. Alexandre Dumas père, Honoré de Balzac, George Sand, Guy de Maupassant, Paul Verlaine, Puvis de Chavannes, Sarah Bernhardt, Saint-Saëns, Rachmaninov sont des familiers de cette station. Outre les thermes, la ville détient un casino, le casino Grand Cercle, inaugurée en 1850 par Victor Emannuel II, roi de Sardaigne et duc de Savoie. En 1899, le casino se dote d’un théâtre de 900 places. C’est une salle à l’italienne comprenant deux balcons. La largeur de la scène est de 20 mètres et la profondeur avoisine les 12 mètres. La fosse d’orchestre permet d’accueillir jusqu’à 24 musiciens.


Le festival d’Aix-les-Bains naît en 1988 de la volonté de Gratien Ferrari, maire d’Aix-les-Bains. La direction artistique est tout de suite confiée à Pierre Sybil qui assure la mise en scène de tous les spectacles. Avec ses 21 ans, le festival d’Aix-les-Bains est toujours l’âge de la jeunesse : jeunesse des effectifs, enthousiasme, etc…. Cependant, quel chemin parcouru depuis la première en 1988.

Chaque année, le festival propose au début trois opérettes et maintenant quatre balayant tout le répertoire depuis Offenbach. Au cours d’une saison, toutes les tendances sont abordées et ce festival se permet le luxe de monter des œuvres un peu oubliées des saisons théâtrales, œuvrant ainsi dans le cadre d’une véritable politique patrimoniale.

Cependant, ce souci de remonter des œuvres moins jouées (Barbe Bleue, Monsieur Carnaval, A la Jamaïque et Ignace pour cette saison) n’est pas le seul objectif de ce festival. Ayant bien compris que l’avenir de ce répertoire passait par l’accueil de jeunes artistes, le festival d’Aix-les-Bains donne la chance à de nouveaux talents. C’est ainsi que l’on a pu apprécier des distributions sortant des sentiers battus : Alain Tournay (Jean-Pierre) et Charlotte Filou (Lorette) dans La Route Fleurie, Sandra Giambra (Fanny Grandpré) et Flannan Obé (Octave) dans Trois Valses, Matthieu Lécroart (Don Juan) dans Violettes Impériales. Ce ne sont pourtant pas tous des débutants. La plupart sont premiers prix de Conservatoire, d’autres se sont déjà fait les dents sur des comédies musicales à Paris.

La saison 2009 nous proposait quatre spectacles : Le gala des génies Mozart-Offenbach, Méditerranée, Ignace et La Veuve Joyeuse.


Méditerranée




Créée le 17 décembre 1955 au théâtre du Châtelet, Méditerranée est la dernière opérette de la période de gloire de Francis Lopez. Emmenée tambour battant par une mise en scène toujours somptueuse due à Maurice Lehmann et par la voix de ténorino de Tino Rossi, Méditerranée est tout de suite un grand succès et les airs de cette opérette caracolent immédiatement sur toutes les radios de France et de Navarre. L’air titre est tellement connu qu’il sera repris encore de nos jours dans des spots publicitaires. Le succès se poursuit en province et une reprise a lieu en 1964 toujours au Châtelet avec Rudy Hirigoyen. Méditerranée est une des opérettes de Francis Lopez qui connaît le plus de versions discographiques ( version avec Tino, Rudy Hirigoyen et André Dassary). Plus de cinquante ans après sa création, l’œuvre de Lopez est toujours reprise en province et c’est la première fois qu’elle est jouée au Festival d’Aix-les-Bains.
Le livret n’est pas un des meilleurs de Raymond Vincy mais l’action se tient et est prétexte à un voyage en Méditerranée, à des changements d’ambiances et donc de nombreux ballets, d’ensembles sympathiques. Fabrice Lelièvre s’est vu confié la mise en scène du spectacle et Pierre Sybil s’est approprié le rôle du brave curé corse. Il a fait appel à de jeunes artistes qui chantaient pour la première fois cette opérette. Le succès étant assuré pour ces représentations, le ton de la fête et de l’exotisme était donné pour ce début de festival.



Mise en scène : Fabrice Lelièvre
Direction Musicale : Jean-Pierre Boutte

Mario : Flannan Obé, Paola : Caroline Géa, Mimile : Fabrice Lelièvre, Le curé Padovani : Pierre Sybil, Juliette : Charlotte Filou, Monsieur Dubleu : Jean-Marc Almecija, Conchita : Anne Dorian, Annonciade : Annie Dacher.

Ignace



L’opérette de Roger Dumas n’est pas une des opérettes les plus reprises ces dernières années. Créée à Marseille le 30 décembre 1935, elle commence sa carrière le 4 février 1936 au théâtre de la Porte-Saint-Martin avec en tête d’affiche Fernandel ainsi qu’Andrex (Montroc) et Marie Bizet (Annette). L’œuvre connaît un grand succès, ce qui lui vaut l’année suivante d’une version cinématographique qui marquera à jamais Fernandel dans le rôle de l’ordonnance gaffeuse. Il faudra attendre 1981 pour revoir cette opérette à Paris, au théâtre de la Renaissance avec Michel Dunand, Sophie Baquet, Maria Murano et Philippe Fargues.

C’est donc une bonne idée de proposer une nouvelle production de cette opérette. Cette fois-ci, c’est Pierre Sybil qui en fait la mise en scène et qui s’octroie le rôle de baron des Orfraies. Comme pour Méditerranée, Ignace n’avait jamais été représenté à Aix et bénéficient de nombreuses prises de rôle comme Fabrice Lelièvre dans le rôle titre ou Agnès Pat’ dans Monique.



Mise en scène : Pierre Sybil
Direction Musicale : Nicolas Chesneau

Ignace Boitaclou : Fabrice Lelièvre, Monique : Agnès Pat', Le Colonel Durozier : Roby Faivre, La Colonelle Durozier : Danièle Dinant, Serge Montroc : David Alexis, Annette : Julie Morgane, Le Baron des Orfraies : Pierre Sybil, Loulette : Estelle Danière, Capitaine Boisdelisle : Jean-Marc Almecija

La Veuve Joyeuse



On ne présente plus la célèbre opérette de Franz Léhar, créée en 1905 à Vienne et reprise mainte et mainte fois à Paris et en province. Le charme de cette opérette où trône la valse ensorcelle Aix depuis 1992 où elle était interprétée pour la première fois par Dominique Gless, Jean-Paul Caffi, Michel Pastor et Corinne Gauthier. Elle sera reprise en 1999 avec Brigitte Antonelli, Patrick Bladek et Roger Pujol. Pierre Sybil a confié le rôle si délicieux de Missia à Frédérique Varda et celui de Danilo à Sébastien Lemoine. Notons la présence d’un ténor très apprécié des amateurs d’opérette et d’opéra : Mathieu Muglioni.



Mise en scène : Pierre Sybil
Direction Musicale : Bruno Conti

Missia Palmieri : Frédérique Varda, Danilo : Sébastien Lemoine, Nadia : Laure Crumière
Camille de Coutançon : Mathieu Muglioni, Popoff : Pierre Sybil, Figg : Fabrice Lelièvre, Lérida : Grégory Benchenafi, D' Estillac : Anthony Veronese.



Une telle entreprise ne pourrait être montée sans une forte base et cette base est une association, Aix opérette, dont nous parle son président, Nicolas Grumel.

L’association Aix-opérette a été créée en 1989. C’est la structure organisatrice du Festival. Elle compte environ 200 adhérents à date.

Sa responsabilité reste en premier lieu la programmation du festival, réalisée conjointement avec son directeur artistique Pierre Sybil. L’association essaie de conserver une programmation éclectique, que ce soit dans les compositeurs ou les époques. Elle est également responsable du cadre de chœur. Les choristes sont les seuls « amateurs » du festival ; les musiciens, le ballet et les solistes sont tous des professionnels. Le travail des choristes est encadré par un chef de chœur professionnel (Jean-Raphaël Lavandier) et une pianiste accompagnatrice (Hélène Chapeaux).

Le Festival est soutenu financièrement par la ville d’Aix-les-Bains, le Conseil régional, le théâtre du Casino Grand Cercle et des entreprises privées.

Le directeur artistique Pierre Sybil a la responsabilité des décors, des costumes, du corps de ballet et des solistes et des chefs d’orchestre invités à Aix-les-Bains. L’ensemble des costumes vient de la Maison Grout, installée à Bordeaux. La plupart des décors vi
ennent de chez Art.Com basée dans l’Yonne. Le corps de ballet est « créé » chaque année. Les solistes sont issus de plusieurs « milieux » : opéra, opérette et comédie musicale.

Gageons que ce festival nous apportera encore de beaux spectacles. Nous sommes déjà impatient de connaître la saison prochaine.

Méditerranée

Méditerranée

Ignace

Ignace

La Veuve Joyeuse

La Veuve Joyeuse

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