Le dernier Tsar

Publié le par Jef

Depuis Notre-Dame-de-Paris, la comédie musicale est revenue en force dans le paysage musical français. Chaque année, un certain nombre de grosses productions voient le jour à Paris soit au Palais des Congrès ou au Palais des Sports. Cette vogue des comédies musicales a ensuite atteint un bon nombre de théâtre de Paris, petits et grands, puis en Province, se démarquant des circuits traditionnels de production. Il n’est plus rare de voir mûrir des projets semi-professionnels, souvent damant le pion en qualité à des grosses productions très standardisées. Ces comédies musicales, nombreuses, démontrent toute la vigueur de ce genre musical. Internet aide en plus à une meilleure communication et nous fait ainsi connaître bon nombre de nouveaux talents.

Le 14 novembre dernier, une nouvelle comédie musicale voyait le jour à Harnes, dans le Pas-de-Calais. Nous avons rencontré la grande instigatrice de cette comédie musicale qui va tout nous raco
nter.

Bonjour Brigitte, Le Dernier Tsar a à peine 15 jours, nous aimerions en savoir un peu plus sur les premiers pas de cette nouvelle comédie musicale ?

Le spectacle musical LE DERNIER TSAR a été joué sur scène pour la première fois les 14 et 15 novembre dernier. Ce fut pour l’équipe créative et les interprètes un véritable test.
Même si nous savions déjà que les 3 dates prévues étaient complètes (1200 personnes sur 3 dates), nous étions dans l’attente de l’accueil du publique. Ce fut un très beau succès, les critiques sont très bonnes, cela nous réconforte sur le thème choisi, et sur la structure de notre création, qui n’est pas un thème simple à mettre en scèn
e.

Revenons aux origines de ce projet, pourquoi avoir choisi un tel sujet ?

En 2002, je regardai avec mes enfants un dessin animé : Anastasia.
J’ai été intriguée par le personnage de Raspoutine, je suis allée dans une bibliothèque, et j’ai commencé à lire toutes les bios le concernant, puis naturellement, j’ai étudié toute l’histoire de la famille Romanov.
Je suis totalement tombée sur le charme de cette période Russe.
En 2007, cela faisait plus de 7 ans que je m’occupais avec mon époux Stéphane, d’une Troupe de chanteurs avec lesquelles nous avons repris toutes les comédies musicales, on est arrivé avec eux au plus haut (vocalement, artistiquement) et avons conquis un large public.
J’ai posé ce projet sur la table, avec les différents personnages et personnalités que je souhaitais, et j’ai dit tout simplement ….on essaie : les 5 premières chansons ont vu le jour à ce moment là : « Je n’suis pas celle, laissez nos âmes, la séparation, Dors, et le feu follet. », Puis tout pour diverses raisons, on a rangé le dossier dans les cartons.
En février 2009, j’ai pris la décision de lancer définitivement notre propre comédie musicale, sinon, j’arrêtais tout !!!Car je commençais à ne plus prendre de plaisir à faire des reprises d’autres spectacles, d’autant que cette histoire me tenait à cœur et je la voyais en musique.
Stéphane a compris à ce moment là, que cette comédie musicale me tenait à cœur, nous avons donc démarré en Mars 2009 l’aventure du Dernier Tsar en ressortant le carton
du placard !

Le dernier Tsar

Dans votre cursus, on voit que vous êtes un peu touche à tout (costume, danse, théâtre), est ce cette pluridisciplinarité qui vous a amené à la comédie musicale ?

Pour répondre à votre question, c’est plutôt la comédie musicale qui m’a amené à cette pluridisciplinarité, car effectivement, depuis plus de 15 ans au service d’associations, j’ai pu toucher à toutes les activités de la scène. Comme association signifie peu de moyen et une polyvalence extrême, j’ai évolué dans des tas de postes divers ou je me suis révélée.
Pour les costumes : c’est un plaisir de toujours, une passion de jeunesse, donc cela a toujours fait partie de mes fonctions. La danse (j’appellerais plutôt cela de la mise en scène), c’est en 2002, lorsque j’ai lancé ma première troupe enfant de 9 ans à 13 ans, que j’ai commencé à mettre en place des chorégraphies et je me suis prise au jeu, mais réellement ce qui m’intéresse beaucoup plus, c’est la mise en scène, et tous les accessoires qui vont amener à mettre en place les moments forts du spectacle. Pour le Dernier Tsar, je me suis entourée d’une danseuse diplômée d’état, qui complète avec ses techniques chaque scène que je détaille totalement avec les artistes.
Pour le théâtre, comme je sais exactement ce que je souhaite, j’ai travaillé avec chacun des artistes en leur expliquant la ligne de conduite que j’attendais, et ils ont tous étudié leur personnage afin de compléter les bios que je leur avais donné. Je m’occupe également du plan de feu (composition d’éclairage avec les techniciens)
Je suis tout simplement metteur en scène ce qui englobe pour moi toutes ces fonc
tions.

Cette comédie musicale s’est faite à plusieurs. Parlez nous de ces différents auteurs-compositeurs ? Qu’est-ce qui les lié dans l’élaboration de ce spectacle ? Comment avez-vous travaillé ?

Au départ, il fallait écrire le Livret avec les différentes scènes ; c’est un travail très fastidieux que j’ai réalisé avec Stéphane.
L’idée du Livret était aussi de pouvoir identifier les passages des chansons avec un thème.
Ensuite, par rapport au thème demandé et un cahier des charges, j’ai demandé aux auteurs de se mettre à l’écriture. Stéphane a écrit, entouré de personnes proches de nous, des amis comme Emeline Fontaine ou Vincent Vandekerkove, des connaissances via le net comme Chris Sheldon, puis à réception de « toutes les copies », Stéphane et moi faisions un choix sur le texte puis Stéphane, et parfois Léo chanteur de la troupe et musicien, se mettaient à la composition musicale.
Ensuite, suivant la aussi à un cahier des charges prédéterminés, Eric Miller arrangeur, nous affinait les titres.
Puis nous mettions les voix sur les compositions, mais le choix pour les roles fut simple et rapide, puisque cela fait pour certains chanteurs, plus de 12 ans de travail en
commun.

Le dernier Tsar

Une fois terminé le texte et la musique, quelles ont été vos priorités ?

La création des costumes, des décors, la mise en scène et toutes l’organisation logistique pour un tel spectacle.

En plus de tous vos talents, vous avez un service com très professionnels. Quels sont les principales difficultés pour monter une comédie musicale en France en 2009 ? Le plus difficile est-il de créer, de se faire connaître ou de se faire représenter ?

Je suis salariée d’une Société d’impression, ce qui me permet depuis quelques années de travailler avec beaucoup d’agences de communication qui m’ont donc conseillées.
Entourée de Cristel qui fait partie des chanteuses du Dernier Tsar, et qui est passionnée de création graphique, il était naturel de lui laisser la chance d’exprimer son second talent.
Matthieu, est expert en informatique, il a donc en collaboration avec Cristel, Stéphane et moi créé le site du Dernier Tsa
r – www.lederniertsar.com.
Leur talent nous a permis effectivement de faire un service de communication digne des productions professionnelles, un travail superbe.
Finalement, nous n’avons pas eu de grandes difficultés majeures, car j’ai eu la chance avec les différentes années de bénévolat, de m’entourer de personnes aussi passionnées que moi, et qui comme tout à chacun ont un talent caché : écriture, communication, composition, costume, danse, et en unissant tous nos compétences on a pu tous, exprimer notre savoir faire à travers ce projet.
En France, je trouve que dans le monde artistique on n’a pas beaucoup d’aide et de soutien de l’état ou des régions……..mais finalement s’auto-gérer, s’auto-produire, nous donne une auto satisfaction, car on réussit grâce au talent de tous finalement et sans faire l’aumône.
Le plus difficile, je pense va être maintenant, de se battre afin de se faire connaître et se faire représenter, car déplacer une troupe, ce n’est pas le même budget que de faire déplacer un chanteur soliste.
Mais, Rome n’a pas été bâti en 1 jour, et le Dernier Tsar a de belles années devant lui.
Je pense que nous ferons vite parler de nous, et nous vous tiendrons au courant des évolutions et des dates de la troupe du D
ernier Tsar.

Le dernier Tsar

La création de cette comédie musicale s’accompagne de la sortie d’un album. Le choix a dû être cornélien pour choisir les bons morceaux ?

Non, en fait pour choisir les morceaux cela a été très facile car l’album a été enregistré mi juin, et nous n’avions alors que 14 morceaux arrangés sur 23 titres au total.
Nous avons donc choisis 11 titres où tous les rôles du spectacle musical étaient représentés. Maintenant, nous enregistrerons rapidement au fur et à mesure de nos moyens financiers des nouveaux titres qui seront téléchargeables légalement sur notre sit
e www.lederniertsar.com, d’ailleurs deux nouveaux titres, y figurent déjà : Le grand échiquier et le Bal.

Quel est le meilleur moment que vous garderez en mémoire de cette aventure ?

J’espère qu’il y en aura encore plein d’autres, car ce n’est que le début.
Mais le meilleur moment reste le spectacle, et le public qui fait un standing ovation à la fin du spectacle, on entendait hurler les spectateurs pour un rappel, mais également le sourire de mes artistes, heureux d’avoir convaincu les spectateurs, et du travail bien fait. Et enfin, le grand ouf de Stéphane et moi, car nous avons réussi notre pari , Wouahhhhhhhhh, ça c’est le plus beau moment pour mo
i.

Et le pire ?

La peur que cela ne plaise pas, mais à part cela, sincèrement je n’ai eu que de supers moments, avec une équipe formidable.

Le Pas-de-Calais, c’est très bien. Mais pensez-vous tourner à travers la France et pourquoi pas, Paris ?

Le Nord est ma région, elle est importante pour moi, car c’est un des publics qui laisse parler son cœur, et de les convaincre eux d’abord, c’est déjà une belle mission, car beaucoup de belles salles nous y attendent. J’aimerai aussi tourner en Belgique et d’ici, après être au top du top, convaincre Paris….D’abord, il faut se faire connaître, et Paris viendra peut être aussi à nous….

Quel est votre sentiment sur la comédie musicale actuelle ?

J’adore tous les types de comédie musicale : ma préférée reste STARMANIA pour sa simplicité et sa composition musicale, mais j’ai bien aimé également Notre Dame de Paris, ensuite viennent Les 10 commandements, Grease ,Cabaret, Roméo et Juliette, Autant en emporte le vent, le roi soleil, et j’ai été à Paris voir dernièrement MOZART mais, souhaitons à la comédie musicale une longue vie en France, la réussite de tous ces projets est positive pour ce genre musical.

Est elle si différente de sa grande sœur, l’opérette ?

Je ne pense pas, c’est une autre façon de chanter, de s’exprimer, mais finalement si proche
Car ce sont tous des artistes complets que nous rencontrons : entre danse, théâtre et chant.
Ils racontent à leur manière des histoires touchan
tes.

Merci Brigitte et tous nos vœux de réussite pour la suite de cette formidable aventure.

Dossier réalisé par Jef.
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