La Chauve-Souris à l’Opéra de Montpellier...entretien avec Jean-Louis Grinda

Publié le par Jef

La Chauve-Souris à l’Opéra de Montpellier...entretien avec Jean-Louis Grinda

Pour sa rentrée lyrique, Montpellier accueille La Chauve-souris, coproduite par plusieurs grandes maisons d’opéra européennes.

Le projet a été mené de main de maître par Jean-Louis Grinda, ancien directeur de l’Opéra Royal de Wallonie actuellement à la tête de l’Opéra de Monte-Carlo, très investi dans la vie lyrique internationale. Il assure donc la mise en scène de cette Fledermaus composée en 42 jours par Johann Strauss fils.

Le casting vocal compte, entre autres, Sophie Marin-Degor, aussi musicienne que comédienne, vue dans le documentaire sur Pelléas et Mélisande tourné par Philippe Béziat, et Jean-François Vinciguerra, lui aussi issu du théâtre et habitué du rôle de Tourillon et qui a mis en scène récemment Si j’étais roi en Inde et La Belle Hélène au festival de Lacoste.

Bonjour, Jean-Louis Grinda. L’Opéra de Montpellier ouvre sa saison lyrique avec une opérette : La Chauve Souris que vous mettez en scène. Est-ce une nouvelle production ?

Cest la 6me reprise d’une production créée en décembre 2006 au Capitole de Toulouse.

A quoi ressemblera la scénographie de cette Chauve-Souris?

D’aspect plutôt simple au 1er acte, le décor évolue « à vue » pour évoquer l’hôtel particulier du Prince puis la prison ; celle-ci n’est pas vraiment traditionnelle et reprends les éléments des deux premiers actes comme des souvenirs d’une grande nuit d’ivresse.

La Chauve-Souris à l’Opéra de Montpellier...entretien avec Jean-Louis Grinda

Dans une mise en scène, que peut on mettre en relief dans une œuvre comme La Chauve-Souris?

Plusieurs lectures sont possibles ; j’ai choisi de replacer l’intrigue dans son contexte original, c’est à dire la France et plus particulièrement Pontoise pour les actes 1 et 3. J’ai privilégié le rythme d’un vrai vaudeville à la Feydeau (merci Meihlac et Halévy) et surtout le fait que le vrai Deus ex Machina est le notaire Duparquet dont la vengeance se ruminait depuis 4 années (ce qui est long…).

Quels sont vos liens avec le chef d’orchestre ? Avez-vous eu un droit de regard dans le choix des chanteurs ?

Mes rapports avec Lawrence Foster sont excellents d’autant plus qu’il dirige ce spectacle avec une envie et une jubilation au moins égales à la mienne, ce qui n’est pas peu dire.

Concernant la distribution, l’Opéra National de Montpellier a cherché à se rapprocher au maximum des artistes qui l’avaient fait pour moi à Monte-Carlo ; Ceux qui n’étaient pas libres ont été extrêmement bien remplacés. Il va de soi que de tels ouvrages nécessitent l’accord du metteur en scène pour que sont projet soit « te
nu ».

Après cette Chauve-Souris, projetez vous d’autres mises en scène ?

Beaucoup !!! Falstaff à Tenerife, L’Homme de la Mancha à Toulouse en décembre, Gioconda à Palerme en février, Rigoletto à Monte-Carlo en mars et enfin La Flûte à Tel Aviv en Mai . La saison suivante débutera en Allemagne par une nouvelle production de Robert le Diable, suivi d’une reprise de Falstaff (Metz), La Navarraise à Saint Etienne, Mefistofele (Monte-Carlo) et en décembre 2011 Norma à Florence. Je m ‘arrête là mais ce n’est pas fini…

Quel est, selon vous, le chalenge de l’opérette et la comédie musicale pour cette décennie qui commence ?

Que nous puissions continuer à mobiliser de grands artistes lyriques autour de nos projets. C’est le cas ici pour cette Chauve-Souris, ce sera aussi le cas à Toulouse pour La Mancha. J’en suis très heureux !

Merci Jean-Louis Grinda pour cet entretien.

Sophie Marin-Degor

La Chauve-Souris à l’Opéra de Montpellier...entretien avec Jean-Louis Grinda

Ancienne élève et soliste à la Maîtrise de Radio-France, Sophie Marin-Degor se consacre parallèlement à la musique, à l’art dramatique et à la danse. Sa participation à Orphée et Eurydice de Gluck au Théâtre des Champs-Elysées, sous la direction de Charles Mackeras lui ouvre les portes du répertoire classique. Avec Jean-Claude Malgoire, elle aborde des rôles dans l’opéra et l’oratorio baroque (Haendel, Lully…) et dans le répertoire mozartien. Elle interprète ainsi Bastienne, Servillia, Papagena, Barberina, Zerline, Despina, Susanna au Théâtre des Champs-Elysées puis Pamina et Donna Anna au Grand Théâtre de Tours (2000). Elle est La Comtesse à l’Esplanade de Saint-Etienne en 2002.

En 2001, elle est Celia dans Lucio Silla (Opéra de Lausanne) et en 2002, Missia Palmieri dans La Veuve joyeuse (Théâtre du Capitole). Elle interprète Les Horaces et les Curiaces de Cimarosa avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France. Il est aussi Wanda au festival de Styriarte.

Synopsis



Acte I

Duparquet vient proposer à Gaillardin de passer ses dernières heures de liberté en joyeuse compagnie, chez le Prince Orlovsky. Gaillardin, enthousiaste, s'y rend, à l'insu de sa femme Caroline. Celle-ci, avertie par la soubrette Arlette, décide d'y aller aussi de son côté, mais en est empêchée par l’arrivée inopportune d'un ancien soupirant, Alfred. Survient Tourillon, le directeur de la prison, qui, croyant arrêter Duparquet, emmène Alfred, ce qui permet à Caroline et à Arlette de se rendre chez Orlovsky.

Acte II

Entre temps, Gaillardin, arrivé chez le prince, est présenté sous le nom du marquis de Valengoujar à Tourillon, qui, lui, se fait passer pour le baron de Villebouzin. Tourillon est en réalité le nouveau directeur de la prison. Arrivée de Caroline masquée, à laquelle Gaillardin fait une cour assidue sans réaliser qu'il s'agit de se femme. Elle lui subtilise sa superbe montre, en gage d'amour. Mais minuit sonne : Gaillardin et Tourillon s'enfuient, chacun de son côté, vers la prison, où les attend un triste devoir.

Acte III

Les deux hommes se rencontrent dans le bureau de Tourillon, mais ce dernier ne peut croire que Gaillardin est Gaillardin, puisqu'il soupait avec sa femme ! Tout finit par s’éclaircir. Fureur de Gaillardin, qui se déguise en avocat, pour surprendre Alfred et Caroline, laquelle est arrivée sur ces entrefaites. Il baisse le ton lorsque sa femme lui remet la montre qu'il avait donnée à une belle inconnue chez le prince. Ce dernier surgit avec tous les invités, dont Duparquet, qui révèle à son ami qu'il a été victime d'une farce : c'est la revanche de la Chauve-Souris.

La Chauve-Souris à l’Opéra de Montpellier...entretien avec Jean-Louis Grinda

Distribution

Direction musicale Lawrence Foster
Mise en scène Jean-Louis Grinda
Décors Rudy Sabounghi
Costumes Danièle Barraud
Lumières Laurent Castaingt
Chorégraphe Laura Scozzi
Chef des chœurs Noêlle Geny

Caroline Sophie Marin-Degor
Le Prince Orlofsky Carmen Oprisanu
Adèle Mélanie Boisvert
Alfred Marc Laho
Tourillon Jean-François Vincinguerra
Gaillardin Olivier Grand
Duparquet Nigel Smith
Bidard Antoine Normand
Flora Estelle Daniere
Yvan, Léopold Jean-Philippe Corre

Du 22 au 28 septembre 2010


Sources :
Crédit photos : Marc Ginot / Opéra National de Montpellier
Dossier de presse
Site de l’ANAO

Propos recueillis par Jef
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