La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Publié le par Jef

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet


par Lionel Vannier

Après dix ans de recherches et après avoir retrouvé certains des protagonistes, les documents d’époque, les photos et surtout beaucoup d’audace, je suis aujourd’hui en mesure de raconter la fabuleuse histoire de l’opérette de Francis Lopez. Une opérette à grand spectacle, qui en 1969, avoisina les 65 millions de francs !!! Des décors fastueux, des costumes tous plus beaux les uns que les autres et une distribution de grande qualité. 2 actes et 38 tableaux, une partition soignée et des interprètes de grand talent.

Car tant de choses fausses ont été écrites sur la Caravelle, qu’il fallait 40 ans après sa création retracer son histoire en se tenant aux faits vérifiés d’après les témoignages des acteurs. A propos de témoignages mes remerciements vont tout particulièrement à : Marina Hotine, Jacques Villa, Jack Ledru (le chef d’Orchestre), Jean-Claude Holzem, Jean Dietschi, Juan Pereniguez, Mickaela Marion, Daniel Darnault, Jean-Louis Simon, Paul Ecoffard pour leur étroite collaboration, leur gentillesse, leurs encouragements, leur soutien et surtout leur fidélité. Sans vous, ce projet commencé il y a dix ans, n’aurait jamais pu aboutir !

40 ans après la création de la pièce, la disparition des documents a rendu difficile sa reconstitution et n’a hélas pas permis malgré toute l’opiniâtreté d’en achever totalement le récit. Les recherches, bien que longues et fastidieuses, continuent !

Après 533 représentations de l’opérette « LE PRINCE DE MADRID » au théâtre du Châtelet en 1967-1968, Luis Mariano, part en tournée dans les grandes villes de France où seules les grandes salles capables d’accueillir les décors du Châtelet verront cette opérette.

Luis Mariano, déjà fatigué par cette pièce débute une tournée de chansons traditionnelles en Belgique et s’envole pour le Canada où il donnera les ultimes représentations du « CHANTEUR DE MEXICO » sur la vaste scène de la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts. Il enregistrera également pour Télé-Métropole le 30 septembre 1969 deux épisodes de « Sous le Ciel de Montréal ». De retour du Canada, il prendra trois mois de repos bien mérité avant de faire sa rentrée à Paris. En effet, Marcel Lamy a commandé une Opérette à Francis Lopez pour la saison 69-70.

Ce qu’il faut savoir, c’est que Luis Mariano en a assez des « Espagnolades », des dentelles et des pantalons trop moulants. Il en fait part à son complice Francis Lopez. Ce dernier ne saura pas prendre hélas le virage adéquat pour sa nouvelle partition. Ne dit-on pas également que le livret n’est pas sans évoquer par ci par là le DonCarlos de Schiller mis en musique par Verdi… Mais on dit tellement de choses ! Marcel Lamy demande donc à Jean Valmy d’écrire le livret et à Jacques Plante d’écrire les lyrics.

En concertation avec Mariano, on décide d’une pièce se passant au Portugal et au Brésil. Mariano s’investira d’avantage qu’a l’accoutumée pour cette pièce et c’est avec un budget pharaonique, des décors somptueux, des costumes d’une extrême beauté que verra le jour l’opérette la plus lourde que le Châtelet n’ait jamais présentée. Cependant, Marcel Lamy, prononcera cette phrase : « Rien n’est trop beau pour Mariano » !

Elle sera en 2 actes et 38 tableaux avec des partenaires de grands talents tels que Franca Duval, qui fut une brillante cantatrice dans la Traviata, Jacques Doucet, l’interprète du Docteur Schoën pour la création de Lulu à l’Opéra Comique donc très à l’aise dans cette partition plus proche de la salle Favart que celle du Châtelet. Bien sur il y aura les airs typiquement Mariano, écrits sur mesure pour la voix du ténor. Mais cette opérette sera trop compliquée, les critiques en feront échos dans leurs papiers.

Cela dit on met en chantier cette Caravelle d’Or, où le Capitaine Mariano, comme on le sait connaîtra une fin tragique.

Le théâtre du Châtelet, habitué à toutes les exigences aura cependant bien des obstacles à franchir pour laisser accoster cette jolie Caravelle ! Le bâtiment, en effet, lourd et compliqué se perdra plus d’une fois dans les méandres de bien des difficultés.

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Sa conception fut à maintes reprises repoussée du fait d’importants problèmes techniques. Les décors, surtout, donnèrent beaucoup de soucis aux techniciens, ils étaient bien trop massifs et colossaux ! Le personnel technique n’arrivait pas à synchroniser pour respecter le temps imparti à chaque changement de tableau. A tel point que Marcel Lamy voyant la première représentation arriver à grand pas décida un jour de faire livrer au théâtre plusieurs caisses d’un excellent vin afin de motiver les ouvriers. Le résultat des courses ne se fit pas attendre… Ils finirent fin saouls !

Cette opérette était également trop longue. Elle durait 3h30 ! On partait d’un fil conducteur précis, Marcel Lamy, assurait la mise en scène comme il en était coutume au Châtelet. Le fil changeait sans cesse, un tableau du premier acte se retrouvait dans le deuxième et cela plusieurs fois ! Le chef d’Orchestre Monsieur Jack Ledru finissait par ne plus rien y comprendre et était complètement perdu

Marcel Lamy, enchanté du travail produit par Emilio Burgos pour la précédente opérette de Mariano « LE PRINCE DE MADRID », lui demanda de créer les maquettes des décors de la CARAVELLE D’OR. Le moins que l’on puisse dire c’est que le décorateur fit un travail d’une rare qualité. Les décors étaient un ravissement pour les yeux des spectateurs. Il y avait notamment la poupe d’une Caravelle sur scène. Elle tanguait et on pouvait évoluer sur le pont. Il se trouvait également une réplique de la tour de Belem. Les lourdes grilles du couvent des Hyéronimos étaient grandioses, la fontaine des amours avait été commandée par Marcel Lamy au Portugal et était faite de vrais « Azulejos », carreaux de faïence typiques du pays bleu, reflet du passé mauresque, richesse du génie créatif portugais. Elle comportait également un escalier à double révolution et était à elle seule si lourde que les techniciens durent faire preuve d’ingéniosité pour la déplacer. Ce fut fait grâce à son système de roulettes et de vérins. Pour la chambre du Roi, le tableau et surtout le décor étaient très complexes. En effet, le lit à baldaquin était très lourd et difficile à transporter. On dut donc se résigner à augmenter le temps nécessaire aux techniciens pour changer les décors. « C’est ainsi que Jean Valmy nous fit alors ces confidences ! Le plan de la pièce établi après bien des cogitations et discussions d’état-major, le metteur en scène décrète que les machinistes devront se contenter de deux minutes et cinquante secondes pour enlever la Chambre du Roi (avec sa cheminée monumentale, son grand lit à baldaquin, ses fauteuils… et placer la Fontaine des Amours (avec son grand escalier à double révolution)… et le compositeur doit écrire le duetto « Là-bas, là-bas » de deux minutes et cinquante secondes exactement. Pour enlever la susdite Fontaine et le susdit escalier, puis mettre en place le grandiose panorama de Lisbonne qui sert de cadre au Final du 1er Acte, quatre minutes sont prévues. L’auteur écrit donc la scène du Couvent des Hyéronimos, qui dure quatre minutes précises…

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Le plus perspicaces des spectateurs ne peut pas imaginer ce qu’exige de recherches, d’inventions, de calculs un « spectacle Châtelet » et particulièrement celui-ci. Cette cavalcade de tableaux magnifiques, cette foule de chanteurs, de comédiens, de choristes, de danseurs obligés de se glisser adroitement en costumes fastueux et fragiles au milieu d’une autre foule : machinistes, électriciens, accessoiristes, habilleuses, ces décors au pied desquels on se prend pour Gulliver chez les Géants, tout cela pose des problèmes ardus.» Côté cour, côté jardin, que de fois Jésus Christ n’a-t-on pas murmuré ton nom !

Les répétitions commencent au mois de septembre 1969. La scène est vide et seul un piano dans un coin accompagne timidement les ânonnements des chanteurs. . Marcel Lamy dirige sa troupe de main de maître. Mais Mariano, d’habitude si enjoué, reste dans un coin de la scène emmitouflé dans un grand manteau avec une écharpe et un chapeau ne venant sur scène que pour ses propres répétitions. Aussitôt la séance de travail terminée, il part vite, soit enregistrer ses disques chez Pathé-Marconi jusque tard dans la nuit, soit rejoindre son port d’attache, le Vésinet. Il ne « traînait » plus et était devenu comme un loup solitaire. Au fur et à mesure que les répétitions avancent on découvre un Mariano irrité et grognon. Un style qui ne manque pas d’étonner ceux qui le connaissent.

Le 21 novembre 1969 commencent les enregistrements du 33 tours de la pièce. Les prises de son furent terminées en deux jours avec quelques petits problèmes car refaire une prise devenait pour Mariano de plus en plus fastidieux. Mariano « chougnassait », ce qu’il n’aurait jamais fait en temps normal. Le matériel présent dans les studios d’enregistrements à la fin des années 60 présentait l’avantage d’avoir considérablement évolué en un laps de temps relativement court. Maintenant toutes les prises de son étaient faites en stéréo sur magnétophone multipistes, ce qui permettait de faire une bonne séparation des instruments. La voix se trouvait enregistrée sur une seule piste. Cela présentait un avantage certain ! On pouvait faire des arrangements de qualité. La voix de Mariano ayant changé depuis le Prince de Madrid, les chansons enregistrées par Luis pour la Caravelle étaient travaillées plus que d’habitude. Enfin, les bandes étaient enregistrées, mixées et on allait pouvoir mettre en fabrication l’album de l’opérette qui serait mis en vente au foyer du Châtelet et chez tous les disquaires.

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Les colonnes Morris de Paris commencent à se couvrir de l’affiche de la Caravelle d’Or. Les commerçants mettent sur leurs devantures une affichette présentant la dernière pièce du Châtelet. Le métro également fait part de la bonne nouvelle… Sur la grande affiche on peut découvrir un Luis Mariano dans un somptueux costume avec une cape toute en hermine. Tandis que sur l’affichette il y est dessiné une Caravelle sur fond vert et bien sur en lettres d’or. Ce qui frappe l’esprit quand on voit ces deux affiches c’est la quantité de vert… Toute personne un peu initiée sait très bien que la couleur verte en France n’est pas bien vue par les gens de théâtre qui sont très superstitieux. De même, il n’était pas bien vu à l’époque de créer une pièce se passant au Portugal… La Caravelle n’allait donc pas échapper à cette sentence. Décors, affiche, pochette du 33 tours et costumes, il y avait du vert partout ! Jack Ledru en fut lui-même très étonné. « Je ne comprends pas qu’il y ait autant de vert dans une pièce, c’est incroyable ». Mariano au contraire aimait cette couleur ! Mais il est vrai qu’il était Espagnol ! Quant à Jean-Louis Simon, il avait maille à partir dans une scène avec le perroquet bien vert qui ne lui laissait que peu de chance de conserver à ses doigts leur longueur d’origine tant il était terrible.

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Cet hiver 1969-1970 est à la fois très froid et neigeux et les spectateurs verront en nombre la Caravelle d’or. Ils viendront comme à l’accoutumée s’y dépayser et s’y détendre en compagnie du chanteur adulé. Une telle constance dans le succès est un fait rarissime. On a beaucoup épilogué à son sujet. Peut-être convient-il, à présent, d’y regarder d’un peu plus près… En période de fêtes il n’y avait pas moins de onze représentations par semaines. Au plus fort des locations le public achetait même des emplacements sur les marches ce qui faisait dire à Mariano que la Caravelle décollait !!!

Malgré une distribution brillante, une bonne partition, la Caravelle d’Or, dès le départ était très mal partie. Encore et toujours les décors On pouvait demander pas mal de choses à un théâtre comme le Châtelet, mais comme le dit la formule, « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». Le rideau de scène était à lui seul un monument. Il était fait entièrement de cuir repoussé représentant les armes de la France et du Portugal juxtaposées.

La chorégraphie était assurée par Pilar de Oro et Alfredo Gil toujours présents auprès de leur ami dans cette dernière opérette.

La date de la première fut sans cesse repoussée. Finalement, on décida d’une date précise : le 19 décembre 1969. La Caravelle d’Or prendra le large pour une traversée de 322 représentations…Mariano avait contracté ce qu’il pensait être une mauvaise grippe et chantait avec 39°c de fièvre. Le public enchanté faisait tous les soirs un véritable triomphe au ténor. Pour les fêtes de fin d’année les réservations étaient au maximum, le Châtelet était bondé !

Le « Tout Paris » se bouscula pour voir la dernière création du Châtelet. Ce fut un véritable triomphe. Si Les fans de Mariano lui demandaient de bisser ses airs, ce qu’il faisait d’ordinaire volontiers, ils s’étonnaient quelque peu de ne le voir qu’envoyer des baisers ou de sourire. Si le public ne tarit pas d’éloges, les critiques ne firent pas de bons papiers pour la Caravelle d’Or !

Quelques exemples :
Dans « le Monde » du 28 janvier 1970 : « Les fans de Luis Mariano sont dans la salle et le font bien sentir. Mais cela ne suffit pas à faire illusion. Les traits tirés, l’air absent, Luis Mariano 1970 n’est plus que le pâle reflet du ténor adulé qu’il fut dans la Belle de Cadix, le Chanteur de Mexico ou le Prince de Madrid… »

Dans « France soir » du 19 janvier 1970 :
Jacqueline Cartier qui l’avait encensé pour le prince de Madrid déclare : « Mais où est passé le sourire de Mariano ? »

Jean Vigneron écrit dans « La Croix » du 26 janvier 1970 :
« Celui qui fut, ici même, le Prince de Madrid, n’a rien perdu de ses talents vocaux. Ses grands airs (dont celui remarquable de « la Caravelle d’or » ou cette ensorcelante « Valse dans la nuit »), il les pousse toujours avec autant d’or dans le gosier… Mais il ne rit plus !

Toujours est-il que le critique, quelque peu désarçonné, préfère louer la conscience professionnelle du chanteur et s’en tenir là. A ceci Mariano répond : Ceux qui m’éreintent, je m’en fous. Cela ne modifie pas ma carrière. Le public m’adore et se moque éperdument des éreintements. Les critiques ne sont pas capables de monter sur scène et de dire trois mots. Je trouve immoral qu’un critique puisse éreinter un spectacle. Quand je suis invité chez quelqu’un, même si la soupe est mauvaise, je dis qu’elle est bonne parce que je suis invité. Où alors que les critiques paient leur place ! Si j’étais directeur de théâtre, je ne ferais certainement pas de générale pour la critique ! La meilleure publicité, c’est celle qui se fait de bouche à oreille….

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Le soir de la première les problèmes s’enchaînent. Toujours les décors et la fièvre d’un Mariano cependant extrêmement courageux, professionnel et très convainquant. Il aura droit ce soir là à une « standing ovation » !!! La fin de l’année démarre doucement, mais pour les fêtes le théâtre est bondé.

La Caravelle d’Or, contrairement aux autres opérettes n’était pas d’une gaîté folle malgré les plaisanteries de Maurice Baquet et de son coq. En effet, à la sortie des artistes, on entendait souvent des cocoricos qui faisaient dire à Maurice que c’était Mariano qui faisait ses gammes. Par contre on n’abordait pas le virage tant souhaité par Mariano qui voulait changer de cap et vivre avec son temps. Il voulait monter une pièce « Le monsieur américain »… L’histoire d’un artiste qui voulait savoir qui de lui ou de son personnage était aimé ! En effet, à 55 ans, il confiera à plusieurs journalistes qu’il voulait dorénavant jouer des rôles plus modernes.

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Malgré la maladie, Luis Mariano trouvera encore le temps et la force de donner des interviewes dont une savoureuse à Philippe Bouvard le 24 février 1970 dans laquelle il lui parla de son « hépatate virile ». La Caravelle vogue depuis maintenant un peu plus de deux mois. Mars se passe tant bien que mal et les représentations ne sont que triomphes. A partir du mois d’Avril, tout le Châtelet est confronté à un problème qui, prit de n’importe quelle façon, reste insoluble ! Mariano de plus en plus faible, refuse de stopper ses représentations. « Si je m’arrête, je mets 200 personnes au chômage et ça je n’en ai pas le droit !!!

Avril verra débuter la Caravelle d’Or dans la tourmente. Afin de lui éviter toute fatigue inutile, on décidera de lui donner la loge du régisseur de plateau côté cour. Mariano continue à assurer les représentations mais seulement les week-ends. Pour le reste de la semaine c’est sa doublure, Juan Pereniguez, jeune ténor qui le remplacera. C’était le choix de Mariano. Un bon choix du reste. « Juan a fait de son mieux nous dira Marina Hotine mais passer derrière Luis n’était pas chose facile. Je crois que pour lui ce fut un calvaire. Il jouait bien et donnait le meilleur de lui-même.

Certains soirs, la fin de la pièce demande à Mariano un effort surhumain. C’était là qu’il portait ce costume en hermine désormais trop lourd pour lui. Il lui arrivait de pleurer tant c’était pénible. Au dernier tableau, Marina Hotine relate qu’avec ses partenaires et alors que Mariano devait donner la note finale, qui bien sûr était haute, ils s’étaient tous mis d’accord pour chanter doucement afin que cela ne soit pas trop exténuant pour lui.

Le dimanche 18 Mai, il y a représentation en matinée et en soirée. Luis est arrivé tôt. Le régisseur frappe les 3 coups. Mariano, doit entrer en scène en courant jusqu’au bord de la fosse pour chanter « Soleil ». Il regarde ses partenaires fait un pauvre sourire et se lance. Au premier Soleil sa voix se brise… Il cesse sa chanson, on baisse le rideau et la pièce reprendra 20 minutes plus tard avec Juan Pereniguez. Tant de mensonges ont été dits sur cette dernière qu’il faut à tout prix rétablir la seule vérité. Non, Luis Mariano, n’est pas tombé en scène !!! Marina Hotine, entendra même un homme dans la salle crier « fainéant !!! » Le 18 Mai, Luis Mariano sortira de scène à tout jamais…

La Caravelle d’Or 1969 : Dernière opérette de Luis Mariano au Châtelet

Les représentations continuent mais les réservations chutent. On vient au Châtelet pour voir Luis Mariano. Le 14 Juillet 1970 à 23h50 il rendra son dernier souffle dans la symphonie inachevée des feux d’artifice ! 23h50… c’est l’heure où se baisse le lourd rideau sur la scène du Châtelet. Mariano décède durant la pièce …. Le 15 Juillet, Marcel Lamy sur la scène du Châtelet, lui rendra un vibrant hommage.

Dès lors, la Caravelle d’Or devint un vaisseau fantôme. Juan Pereniguez, armé de courage et de volonté mènera cette Caravelle jusqu'à son dernier voyage, le 12 Novembre 1970. En effet, tous les protagonistes, après la disparition de Mariano n’avaient plus envie de jouer cette pièce. Comme ils me l’ont tous dit, elle aurait dû être arrêtée dès le départ de Mariano. Mais elle avait coûté extrêmement cher cette Caravelle et on décida de la faire voguer le plus loin possible.

A partir du 15 Juillet on entrepose dans le hall du Châtelet de grandes malles noires contenant tous les costumes de Luis. Toutes les ouvreuses seront vêtues de noir.

A la rentrée d’août 1970, la Caravelle d’Or reprendra le large avec Juan Pereniguez, mais les réservations ne suivent plus… Le Châtelet est déclaré en faillite. Au mois de Novembre c’est au tour de Marcel Lamy de disparaître à son tour alors qu’une partie du personnel du Châtelet est en grève. Pour succéder à la Caravelle d’Or, on répète l’après-midi « Louisiane mes amours » et on joue la Caravelle le soir. La dernière représentation a lieu fin novembre 1970 et marque la fin d’une époque.

Dossier par Jef
Tous droits réservés.
© INF'OPERETTE et L'Opérette c'est la
fête

Commenter cet article

Michaël Bemelmans 12/08/2016 01:25

Je vous ai lu

et j'ai bu vos lignes, merci pour avoir contés la caravelle d'or et les derniers mois de Luis Mariano.

bien cordialement, Michaël.

ROLAND 07/06/2016 14:47

Bien triste Fin de "La Caravelle d'Or" après la disparition de Luis MARIANO (irremplaçable)...
Le soleil s'en est allé aux feux d'artifices de Juillet!avec la fraicheur de nos larmes..