L’Elixir d’Hervé enfin créé à Caen pour la cuvée 2014 du festival Viva Voce

Publié le par Jef

L’Elixir d’Hervé enfin créé à Caen pour la cuvée 2014 du festival Viva Voce

Œuvre écrite dans les années 1857-1858, l’Elixir, refusée par l’Opéra-Comique est une des œuvres d’Hervé qui est restée en sommeil dans les Archives. La compagnie les Frivolités Pa-risiennes a mis la main dessus et propose à Caen une représentation dans le cadre du Festival Viva Voce.

Compositeur, auteur, metteur en scène, chanteur, Hervé n’est encore que le compositeur toqué au moment de l’écriture de l’Elixir. Il n’a pas encore composé les grands opéras bouffes qui feront sa fortune et n’a pas encore rencontré Wagner. L’époque de composition de l’Elixir est une période assez difficile. Depuis, 1856, il semble embourber dans une sombre histoire judi-ciaire et entame une traversée du désert laissant la place à Offenbach. Il parcourt la province, compose sous un pseudonyme. C’est à cette époque qu’il écrit l’Elixir qu’il propose à l’Opéra Comique. Cette vieille lune de se faire représenter dans ce temple de la bourgeoisie du second empire n’aura épargné aucun compositeur. Bien entendu, le directeur refuse et lui rend sa partition qui va rester dans les archives jusqu’à ce que les Frivolités parisiennes la retrouve dernièrement et décide de lui donner vie. C’est à Caen, dans le cadre du 10e anniversaire du Festival Viva Voce que l’évènement aura lieu.

L’Elixir d’Hervé enfin créé à Caen pour la cuvée 2014 du festival Viva Voce

Argument



Flavie surveille de près sa petite-fille Rose et elle s’est aperçu que cette dernière négligeait son amoureux Firmin au profit d’une sorte de Don Juan, le Comte Aymer. La naïve jeune fille est prête à céder aux promesses de mariage du séducteur lorsque, sans trop y croire, Flavie saisit l’opportunité de boire l’élixir de jouvence que son vieil ami apprenti-alchimiste le Baron a oublié là. Recouvrant sa beauté de naguère, elle va se faire courtiser par le Comte alors que Rose, cachée derrière la porte, ne perd pas une miette de la scène. L’infidèle dévoilé prend la fuite mais on découvre que l’élixir est aussi un poison. Le sacrifice involontaire de l’aïeule douche l’euphorie de la situation en même temps qu’il confère à l’artefact une valeur symbo-lique plus forte, transformant la baguette magique en peau de chagrin. Flavie accepte son sort de bon cœur, dans une scène finale extrêmement touchante.

Sur le plan musical, ce simple acte compte notamment deux romances parfaitement intégrées à l’action et qui, chantées dans un style impeccable, resteront gravées dans la mémoire des spectateurs ; un monumental duo d’amour en quatre motifs-mouvements entrecoupés de ré-cits, digne des plus grandes réalisations d’Auber ; un air bouffe démontrant ni plus ni moins que l’argent fait le bonheur ; un trio électrique du séducteur éconduit par deux furies. Le personnage de Flavie est particulièrement gâté puisqu’en sus des couplets de présentation carac-téristiques et assez comiques, il comporte un formidable air de la transformation, prétexte à la pyrotechnie vocale la plus délurée ainsi qu’à une recherche orchestrale qui n’est pas sans pré-figurer de manière frappante Le Vol du bourdon de Rimski-Korsakov… Une efficace ouver-ture pot-pourri hiérarchise les idées musicales par avance : elle permet de mieux retenir les thèmes lorsqu’ils se représentent et de créer un sentiment de surprise ou de découverte à chaque morceau qui c
ommence.

Distribution



Direction musicale : Léo Warynski

Direction d’acteur : Emmanuelle Cordoliani

Arnaud Marzorati
Jean-François Novelli
Benjamin Mayenobe
Jeanne Crousaud
Albane Carrère

Festival Viva Voce
2 juillet 2014


Références :
Site des Frivolités parisiennes
ROUCHOUSE Jacques, Hervé, le père de l’opérette, Paris 1994
Site de Viva Voce http://www.vivavoce.fr/index.php?action=accueil

Dossier par Jef
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