Jeanne qui pleure et Jean qui rit d'Offenbach par le Groupe Lyrique

Publié le par Jef

Jeanne qui pleure et Jean qui rit d'Offenbach par le Groupe Lyrique

Ah, Bad Ems ! ! « Ville de bains renommée, dans un joli site sur les deux rives du Lahn…entourée de hauteurs rocheuses couvertes de bois et de vignes. Ses eaux thermales y sont connus depuis longtemps mais elle sont plus fréquentées que jamais » Voilà ce qu’en disait Karl Beadeker dans son guide de 1878. Ems est à la mode et attire de nombreuses personnalités. Le tzar Alexandre II fait une cure chaque été de 1838 à 1876. Il y rencontre Guillaume de Prusse, le futur empereur qui lancera de Bad Ems une dépêche bien désastreuse pour notre pays en 1870. Ferdinand Lassalle est présent en 1864 et Victor Hugo en 1865. Jacques Offenbach s’y repose l’été de 1858 à 1870. Il y soigne ses rhumatismes mais aussi certainement ses relations.

Or, à Bad Ems, les soirées mondaines paraissent parfois à certains un peu longue et il est fréquent que Jacques Offenbach mette son génie pour divertir les riches et nobles souffreteux présents. L’initiative de monter une opérette peut partir d’un pari comme un soir de juillet 1863 où au cours d’un dîner après un débat sur la question de l’invraisemblable facilité des musiciens, le directeur met au défi Jacques Offenbach de composer et monter en huit jours une des ces œuvres. C’est de cette façon que Lischen et Fritschen vit le jour à Bad Ems le 21 juillet 1863.

Jacques Offenbach va écrire de nombreuses opérettes en un acte pour Bad Ems. Ce compositeur hyperactif, comme on dirait de nos jours, était sans arrêt en ébullition musicale. De plus, cela devait aussi permettre de faire un peu de promotion et peut être aussi de tester l’impact de ses œuvres sur le public avant de les monter à Paris. La Kursaal d’Ems verra ainsi plusieurs créations comme Bavard et Bavarde en 1862, Il Signor Fagotto et La Chaîne de fleurs en 1863, Le Soldat magicien en 1864, Coscoletto ou Le Lazzarone en 1865, La Permission de dix heures et La Leçon de chant électromagnétique en 1867.

Zulma Bouffar

Zulma Bouffar

L’opérette Jeanne qui pleure et Jean qui rit est née dans la saison 1864, le 19 juillet. Comme toutes les opérettes nées à Ems, Jeanne qui pleure et Jean qui rit connaît une création parisienne aux Bouffes-Parisiens le 3 novembre 1865. Offenbach a collaboré cette fois avec Nuitter et Etienne Tréfeu comme cela a été souvent le cas pour les petites opérettes créées à Ems. Jeanne et Jean étaient interprétés par une seule personne : Mademoiselle Albrecht à Ems et Zulma Bouffar aux Bouffes. La distribution comprenait aussi Désiré, Jean-Paul et Pelva. Comme beaucoup de ces petites œuvres, composées pour un événement et souvent reprises à Paris pour combler le vide d’une programmation théâtrales, il faudra attendre les dernières années du XXe siècle voire les premières du XXIe pour pouvoir de nouveau admirer « les invraisemblables facilités musicales » de Jacques Offenbach.

Jeanne qui pleure et Jean qui rit



Opérette en 1 Acte
Précédée de
La Périchole
Extraits de Concert
Au
STUDIO RASPAIL
216, bd Raspail
75014 PARIS

Samedi 17 avril à 15h et 20h30
Dimanche 18 avril à 15h

Mise en scène : Frantz Morel-à-l’Huissier -
Direction musicale : Laurent Zaïk
Scénographie : Claudia Sylvia Toubart - Lumière : Véronique Guideveau


Nora Kétir (Jeanne & Jean)
Laurent Duthil (Cabochon)
Alain Schnerb (Nicolas)
Alain Giron (Savinien)
Et le Choeur du Groupe Lyrique

Le Groupe Lyrique

Le Groupe Lyrique

Quelques petites questions à Didier Loze, président du Groupe Lyrique.

Bonjour Didier Loze, vous êtes président du Groupe Lyrique qui a cette année près de soixante ans. Quelle est l’histoire de votre association ?

L’association a été créée le 28 décembre 1936, mais c’est depuis 1953 qu’elle interprète régulièrement des ouvrages complets sous la forme de spectacle vivant. La mise en scène, la chorégraphie des chœurs et du ballet, les décors et les costumes, l’orchestre sont créés et réalisées par le groupe. Lors d’une coproduction exceptionnelle nous avons effectué douze représentations de la Vie Parisienne au théâtre du Trianon à Paris avec l’orchestre de Bernard Thomas en décembre 2008. Pour 2010 nous allons présenter la Périchole de Jacques Offenbach


Quels sont les effectifs de votre association ?

La troupe est constituée d’une quarantaine de chanteurs (solistes et choristes) dans toutes les tranches d’âges, d’une régie technique assurant la fabrication de nos décors et costumes et d’un orchestre composé d’une vingtaine de musiciens.

Tout le monde peut y entrer ? Quels sont les critères de sélections ?

Tous les chanteurs sont recrutés sur audition. Le jury vérifie la qualité de la voix, la connaissance de la musique et du chant lyrique n’est pas obligatoire, mais constituent bien sur un plus pour le recrutement. Mais tous les candidats ont le droit d’auditionner, il n’y a pas de prérequis

Croquefer

Croquefer

Votre association est-elle un vivier de futurs professionnels ?

C’est vrai que certains membres de l’association évoluent aujourd’hui en milieu professionnel. C’est le cas par exemple d’un ténor qui est aujourd’hui membre des chœurs national de l’opéra de Paris

Quel lien existe-t’il encore avec la Poste ?

La Poste et France Telecom sont les tutelles de l’association, elles apportent l’essentiel des ressources de l’association. Sans leur indéfectible soutien, le groupe n’aurait pas pu continuer sa route.

Comment décidez-vous des opérettes que vous allez interpréter ?

Le Directeur artistique fait une série de proposition au conseil administration. Après avoir évalué chacune de ses propositions le conseil délibère et décide des ouvrages à monter. Nous choisissons en général un « grand ouvrage » type vie parisienne où toute la troupe est mobilisée et deux « petits ouvrages » type Bagatelle (pièce en 1 acte réduite à 4 ou 5 solistes) pour permettre à de plus jeunes talents d’émerger.

Ces derniers temps, vous avez monté La Vie Parisienne, Bagatelle, Croquefer. Pourquoi cet attachement aux œuvres d’Offenbach ?

C’est vrai que ces derniers temps nous avons monté beaucoup d’ouvrages d’Offenbach. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Nous avons aussi réalisé dans les cinq dernières années une Nuit à Venise de Strauss, Véronique de Messager par exemple.
Pour la coproduction que nous avons fait avec Bernard Thomas, nous avons souhaité retenir un ouvrage très connu du grand public. A proximité des fêtes de Noël la Vie Parisienne nous est apparu comme une évidenc
e…

La Vie Parisienne

La Vie Parisienne

Parlez nous de cette Jeanne qui pleure et Jean qui rit ? une rareté.

Oui nous l’avons sorti des oubliettes…Quelques ouvrages en 1 acte d’Offenbach ont traversé le temps comme les Dames de la Halle ou Pomme d’Api par exemple. Mais d’autres n’ont pas eu le même traitement alors que la musique est superbe. Ces ouvrages en un acte sont pourtant de véritable petits trésors, riches musicalement pour certains d’entr’eux et surprenant théâtralement grâce à une mise en scène renouvelée. L’avantage c’est que tout le public y compris les enfants peuvent suivre l’histoire et se laisser porter par la musique pleine d’émotions d’Offenbach.

Il existe de nombreux bijoux à remonter chez Terrasse et Lecocq ? Y pensez vous ?

Oui bien sur, notre directeur artistique y a songé, et peut être feront ils partis de la prochaine programmation…

Quelle sera votre prochaine redécouverte ?

Il est trop tôt pour le dire, notre directeur artistique Laurent Zaïk va engager prochainement la réflexion, il nous fera sûrement des propositions avant l’été pour une mise en œuvre en 2011.


Merci Didier Loze et bonne chance à Jeanne et Jean et à tous les participants du Groupe Lyrique.

Synopsis


Jeanne est une belle et malicieuse meunière. Jeanne aime le fougueux Savinien. Mais depuis longtemps, Jeanne est menacée de devoir épouser celui qui viendra acheter au prix fort le moulin dont elle a hérité, selon une disposition du testament laissé par feu son cher parrain ! et elle en a repoussé des prétendants !

Après tant d’années d’effort pour réunir la somme nécessaire au rachat, Savinien se laissera-t-il doubler par le vieux barbon Cabochon? Celui-ci est bien décidé à faire une double affaire : s’emparer du moulin à bas prix et se débarrasser de son fils Nicolas, forcé d’épouser la meunière.
Mais c’est sans compter sur l’imagination diabolique de Jeanne qui, aidée par son amant, va mettre en œuvre maints stratagèmes pour déjouer les « envahisseurs » et les mettre hors d’état de nuire. Après l’avoir transformé en ruine, le moulin sera le théâtre de toutes leurs fantasques inventions. Jeanne arrivera-t-elle à faire décamper les Cabochon et à épouser son Savinien
chéri ?

Dossier et entretien réalisé par Jef.
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© INF'OPERETTE et L'Opérette c'est la fête

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