Hommage à Michèle Herbé

Publié le par Jef

Hommage à Michèle Herbé

C’est une belle figure de l’opéra et de l’opérette qui nous a quitté. Pour ceux qui l’appréciaient, c’est sûrement un choc. Michèle Herbé a été pendant plus de quarante ans chanteuse, professeur, metteur en scène, directrice artistique.

Elle avait une bonne étoile, une très bonne étoile puisque fille du régisseur général du Châtelet sous la direction de Maurice Lehmann, elle a arpenté ce prestigieux théâtre à l’époque la plus faste de l’opérette. Il y avait quoi former le goût, et le bon goût, pour une petite fille.

Elle commence par une dizaine d’année de danse puis se lance dans le chant. Son mentor, le ténor Jean-Giraudeau, la prépare au fameux Conservatoire. Elle en sort avec un premier prix et est tout de suite engagée dans la troupe de l’Opéra-Comique. Elle commence par de tous petits rôles et puis, à la fin des années 1960, elle apparaît en haut de l’affiche dans Les Contes d’Hoffmann, La Bohème, Tosca, L’Heure Espagnole.

Le Chevalier à la Rose à Nancy

Le Chevalier à la Rose à Nancy

Dans l’Heure espagnole, l’entr’acte, le journal musical du moment, loue la jeune chanteuse. « N’interprète pas Ravel qui veut …Michèle Herbé a touché juste. Elle a parfaitement compris l’esprit inclus dans la partition pour se révéler une excellente ravélienne ». En 1969, à propos de sa Madame Butterfly à l’Opéra Comique, le même journal nous dit qu’elle s’impose par sa voix large et bien placée, ses aigus faciles et sa convaincante interprétation du personnage.

Michèle Herbé se produit aussi sur les scènes régionales. On peut l’entendre dans l’Aiglon, Le Consul de Menotti, dans le rôle de Marina de Boris Goudounov à Rouen ou encore dans le rôle d’Octavian dans e Chevalier à la Rose. A ce propos, les journalistes d’Entr’acte tombent encore sous le charme de son interprétation : « Michèle Herbé a d’un jeune cavalier la tournure et la virilité avec un sens aigu de l’humour et une belle transposition de l’amour juvénile. Sa scène avec la Maréchale, celle avec le baron Ochs sont du grand art…Michèle Herbé est incontestablement une admirable artiste lyrique et Octvian l’un de ses plus beaux rôles, sinon le meilleur ».

Madame Butterfly à l'Opéra-Comique

Madame Butterfly à l'Opéra-Comique

C’est aussi à l’Opéra Comique qu’elle interprète pour la première fois de l’opérette avec le rôle de Mademoiselle Lange de La Fille de Madame Angot.

Et puis, le début des années 1970 marque un tournant pour les jeunes chanteurs français. L’Opéra de Paris et L’Opéra Comique renonce à leur troupe et sacrifie toute une génération de chanteurs. Les portes de ces deux institutions leur sont dorénavant fermées.

Michèle Herbé continue sa carrière en province et à l’étranger en reprennant son répertoire classique dans tous les grands théâtre et en abordant de plus en plus l’opérette. On peut l’entendre et la voir aussi bien dans La Belle Hélène et la Vie Parisienne que dans Princesse Czardas, Comtesse Maritza, La Veuve Joyeuse ou dans un répertoire plus contemporain comme Le Corsaire Noir, Chanson Gitane, Le Prince de Madrid. Pilier du festival de Lamalou, elle y chante Sang viennois, Paganini, Gilette de Nrabonne, Boccace, Andalousie, La Veuve Joyeuse, Valses de Vienne et bien évidemment La Fille de Madame Angot. En 1982, elle crée l’opérette La Parisienne de Jack Ledru et Paul Bonneau à l’Opéra de Tours. Elle est aussi présente de nombreuses fois au Festival d'Aix-les-Bains en interprétant La Fille de Madame Angot, La Chauve-Souris et Le Prince de Madrid.

Attirée par la mise en scène et la direction artistique, elle veille depuis les années 1980 à la saison d’opérettes de Troyes et de Mérignac et est la fondatrice de festival de Marmande et de son fameux concours de chant. Directrice artistique de l’ATL, elle a proposé encore ces dernières années ses mises en scènes dans toute la France. Un seul regret : elle a peu enregistré.

Une grande actrice, un belle chanteuse. Merci Michèle Herbé pour les bons souvenirs que vous nous laissez.

Sources
Collection particulière, programmes
ANAO, journal de l’Opérette n°43, Entr’acte, collections personnelles.


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