Carabiniers et brigands à Favart...Les Deschiens jouent aux brigands à l’Opéra Comique...entretien avec Eric Huchet

Publié le par Jef

Carabiniers et brigands à Favart...Les Deschiens jouent aux brigands à l’Opéra Comique...entretien avec Eric Huchet

Jérome Deschamps et Macha Makeïeff reprennent les Brigands d’Offenbach, opérette qu’ils avaient mis en scène une première fois avec beaucoup de succès à l’Opéra Bastille en 1993. Après des représentations à Toulon en mai dernier, ils font escale à l’Opéra-Comique. Représentés la première fois dans cette salle en 1931 avec Louis Musy, Marcel carpentier et Victor Pujol, les Brigands trouvent dans cette splendide salle une demeure appropriée avec une distribution très soignée. Eric Huchet, Falsacappa, nous met dans les confidences du spectacle.

Bonjour Eric Huchet, vous êtes le Falsacappa des Brigands à l’Opéra Comique ce mois ci. Vous l’avez déjà interprété à Toulon le mois dernier. Qui est ce Falsacappa ?

Un Chef de Famille. Une famille constituée de sa fille Fiorella et de sa bande de brigands. Malin, meneur d'hommes, cruel et sans pitié. Redouté dans les forêts séparant Grenade et Mantoue et recherché sans succès par les carabiniers. Son problème est de trouver l'affaire du siècle pour redorer son blason auprès de ces hommes et surtout remplir les poches de tout le monde. Vous transposez cela chez Offenbach, et vous avez la réponse à votre question.

Quelles sont les difficultés d’un tel rôle ?

Lorsque j'aborde un rôle comme celui-ci, je m'attache surtout à ne pas penser qu'il s'agit d'un rôle comique. C'est un personnage face à de réels problèmes d'argent et d'organisation. La situation et le déroulement de l'histoire en font un « bouffon », mais lui ne le sait pas.
Alors bien sur, au cours de la pièce, il peut se laisser aller à quelques pitreries, mais ce n'est pas moi qui lui en donne l'idée. C'est en tout cas ce que j'essaye de faire sur scèn
e.

A quoi ressemble la mise en scène de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff ?

On retrouve une grande partie de leur univers. Tout d'abord grâce à la présence de comédiens issus de leur troupe « Les Deschiens », composants des brigands près à tout mais bons à rien !
Les nostalgiques des décors en toiles peintes ne seront pas déçus. C'est un univers de théâtre, je dirais même de théâtre de marionnettes. Cela nous aide à nous plonger dans cet univers de films de cape et d'épée. La réflexion que je me suis faite lors des répétitions, c'est que nous sommes des enfants qui jouons aux brigands dans le petit bois derrière la maison et qui sont véritablement les voleurs face aux gendarmes, jusqu'à ce que la mère appelle toute la troupe pour le gouter. Mais avant cela, rien n'est plus sérieux dans tout l'univers, et au del
à !

Ménélas en décembre, Falsacappa en mai, vous vous spécialisez dans les rôles de maturité du répertoire offenbachien. Est-ce que cela veut dire que Aristé-Pluton, c’est terminé ?

Je refuse la spécialisation ! Je prends les rôles comme ils viennent. Pour Ménélas, c'était avant tout pour me trouver au coté de ma compagne sur cette production marseillaise. J'en avais touché un mot à Maurice Xibéras, actuel directeur de l'Opera de Marseille, qui m'a donné la possibilité de mettre ce rôle en or dans mon répertoire, et je l'en remercie. Quand à Aristé-Pluton, je retrouverai ce rôle en 2013, 16 ans après l'avoir chanté à Genève dans la Mise en scène de Laurent Pelly dirigé par Marc Minkowski. Il n'y a pas d'âge pour ces rôles, tant qu'on à la chance de pouvoir les chanter. D'ailleurs Ménélas n'est pas beaucoup plus âgé qu'Hélène. C'est encore un guerrier qui va combattre au pieds des murailles de Troie, et même pénétrer dans Troie à l'intérieur du cheval du même nom. C'est vous dire la souplesse !

Vous avez beaucoup chanté Offenbach depuis le début de votre carrière. Qu’est ce qui vous attire le plus dans ses œuvres ?

J'aime jouer. J'aime chanter. J'aime la langue. Passer du texte parlé au texte chanté ne me pose pas de problème. Cela fait déjà beaucoup de facteurs pour être à l'aise dans ce répertoire. Il y a aussi l'envie d'apporter à ces rôles mes moyens de ténor lyrique et de me nourrir de tous ces caractères.

Pensez-vous à d’autres prises de rôles ?

Chez Offenbach, je pense à Barbe bleue, mais aussi Hoffmann, ce qui serait peut être une première après avoir été Spalanzani et Les 4 valets (notamment avec Olivier Py à Genève )
Dans le répertoire français je rêve de Don José, d'un Gaillardin (eisenstein dans La Chauve souris)
Ayant fait mes études à Vienne, je suis très proche du répertoire allemand. Max dans le Freis-chütz ou encore Loge dans L'or du Rhin de Wagner. Pour arriver peut être à des rôles plus importants de ce répertoire. J'y travaille, et on v
erra .

Après Les Brigands, quel est votre actualité ?

Justement, à propos de répertoire Allemand, je chanterai lors de la saison 2011/2012 à l'Opera de Paris dans Salomé, Tannhauser et Arabella.
Il y a aussi Une Chauve souris à Nancy (Alfred), une découvert à Marseille: La Chartreuse de Parme d'Henri Sauguet.
Je tiens beaucoup à l'éclectisme des rôles. Ils se nourrissent tous les uns les autres sans dis-tinction. Il est dommage de se retrouver dans une cage, aussi dorée soit elle. J'espère pouvoir continuer dans cette voie de nombreuses a
nnées.

Merci beaucoup Eric Huchet pour ces quelques mots. A noter un très beau site sur ce ténor www.eric-huchet.org

Direction musicale François-Xavier Roth
Mise en scène Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps

Falsacappa Eric Huchet
Fiorella Daphné Touchais
Fragoletto Julie Boulianne
Princesse de Grenade Michèle Lagrange
Le Baron de Campo Tasso Francis Dudziak
Le Prince (Duc de Mantoue) Martial Defontaine
Antonio, caissier du prince Loïc Félix
Pietro Franck Leguérinel
Le Chefs des Carabiniers Fernand Bernadi
Carmagnola Léonard Pezzino
22 juin au 2 juillet


Sources :
Dossier de presse
ANAO
Crédit photo: Frédéric Stephan


Propos recueillis par Jef
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